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60 ans de Bayard Jeunesse : Et si nous laissions le temps aux enfants d’être des enfants ?

60 ans de Bayard Jeunesse :
Des histoires qui continuent de se transmettre

Cette année, Bayard Jeunesse fête ses 60 ans, avec notamment l’anniversaire de Pomme d’Api, né en 1966, tandis que son petit frère Popi célèbre ses 40 ans.
En six décennies, l’univers de la jeunesse a évidemment énormément changé.

Des magazines aux livres, des BD aux podcasts, des histoires audio aux applications, des jeux aux expériences en famille, les supports se sont multipliés.
Bayard Jeunesse est aujourd’hui présent sur de nombreux terrains : presse, édition, audio, numérique, audiovisuel, jeux et activités, événements…
Mais derrière tous ces supports, ce qui me semble le plus important reste finalement assez simple :

Bayard Jeunesse accompagne aujourd’hui deux générations de ma famille, avec le même plaisir de lire et de partager ces histoires.
Il y a des magazines qui traversent les générations.
Des histoires que l’on a lues enfant, que l’on a oubliées quelque temps, puis que l’on retrouve un jour entre les mains de ses propres enfants avec cette drôle d’impression que le temps s’est arrêté.
Chez nous, Bayard Jeunesse fait partie de ces souvenirs qui se transmettent.

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Plus de trente ans après moi, c’est mon fils qui a découvert les J’aime lire. Et bientôt, ce sera ma fille, qui vient d’entrer en CP et apprend tout juste à lire, qui pourra feuilleter les magazines de son frère.
J’ai également conservé précieusement les albums de Ariol de mon fils pour elle. Il les a tous lus, relus, et ils attendent maintenant leur prochaine petite lectrice.

C’est peut-être cela aussi, la force des livres et des magazines jeunesse : ils créent des passerelles entre les générations.

À l’occasion de ses 60 ans, j’avais envie de parler de ce que les livres représentent chez nous, mais aussi d’une conviction qui me tient particulièrement à cœur : nos enfants ont besoin que nous les préparions au monde de demain, sans oublier de leur laisser le temps d’être des enfants aujourd’hui.

Et les 60 ans de Bayard Jeunesse sont pour moi une jolie occasion de parler de ce qui me semble essentiel dans l’enfance : le temps, la lecture, l’imaginaire, la curiosité, la créativité, mais aussi la possibilité pour un enfant d’avoir une voix et une place qui ne soient pas seulement celles d’un adulte en devenir.


L’enfance mérite du temps

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Nous vivons dans une société qui va vite.

Très vite.

Les adultes courent après le temps et, parfois, nous avons tendance à faire courir les enfants avec nous.

Il faut apprendre, réussir, être autonome, faire du sport, avoir des activités, être performant à l’école, savoir utiliser le numérique, comprendre le monde qui les entoure et déjà penser à demain.

Comme si l’enfance était une salle d’attente avant la vraie vie.

Or l’enfance est une période de la vie à part entière.

Un enfant n’est pas un adulte miniature. Il a sa propre psychologie, ses émotions, sa physiologie, ses besoins, ses limites et son rythme de développement.

Il a besoin d’apprendre, bien sûr.

Mais il a aussi besoin de jouer, de rire, de crier parfois, de faire des bêtises, de poser mille questions, de rêver, de contempler, de s’ennuyer et de ne rien faire.

Chez nous, j’essaie de préserver ces espaces-là.

Parce que je crois profondément que le vide n’est pas du temps perdu.

L’ennui peut devenir un formidable terrain de jeu pour l’imagination et la créativité. La contemplation permet de ralentir. Le silence permet de revenir à soi. Une après-midi sans programme peut laisser émerger une idée, une histoire, un dessin, une construction, une conversation.

Nos enfants ont déjà des agendas bien remplis.

Et ils peuvent vite se retrouver scotchés devant les écrans plusieurs heures lorsqu’il n’y a pas de temps d’écran établi.

Ils ont besoin de temps de récupération.

De vrais temps de pause.

Des temps qui ne servent à rien.

Ou plutôt, des temps dont on ne connaît pas encore l’utilité.

Chez nous, les livres font partie du quotidien

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Depuis qu’ils sont petits, la lecture du soir est un rituel familial.

Même avec les écrans, même lorsque les journées sont chargées, même lorsqu’il y a les devoirs, les activités et toute la logistique d’une vie de famille, j’ai toujours essayé de conserver une place pour les livres.

Il y a les albums de ma fille, les encyclopédies, les magazines.

Et puis il y a mon adolescent, qui a dévoré des romans, ses collections de BD et de mangas avant de se prendre récemment de passion pour les romans policiers.

Je trouve cela assez intéressant de voir un enfant évoluer dans ses goûts de lecteur.

La lecture n’est pas seulement une activité scolaire.

Elle permet d’enrichir son vocabulaire, de découvrir l’orthographe, la grammaire et la syntaxe sans même avoir l’impression de travailler. Elle nourrit la culture générale, permet de comprendre le monde, la nature, les animaux, le corps humain, les relations entre les personnes, la société.

Elle développe l’imaginaire.

Elle aide aussi à revenir au calme.

Et parfois, elle ouvre une porte vers quelque chose que l’on ne soupçonnait pas.

Chez mon fils, la lecture a progressivement fait naître le goût d’écrire et de créer des histoires. À force de lire des BD, des mangas, des romans, de sagas fantastiques et des thrillers, il lui arrive parfois d’inventer ses propres histoires, de réfléchir à des scénarios ou de dessiner quelques bulles de BD.

Lire peut donner envie de créer.

Les histoires ne servent pas seulement à divertir

C’est une chose que j’ai particulièrement comprise en devenant maman : les livres peuvent aussi nous aider à parler de ce qui est difficile.

Certains sujets peuvent être compliqués à aborder directement avec un enfant.

Les émotions, l’apprentissage de la propreté, l’alimentation, la puberté, les relations avec les autres, les violences, le harcèlement, le racisme, la neurodivergence, le deuil, le divorce,…

Un livre peut devenir un intermédiaire.

Une histoire permet parfois à un enfant de poser une question qu’il n’aurait pas osé poser autrement.

Il peut dire : « Pourquoi il fait ça ? »

Ou : « Est-ce que ça arrive vraiment ? »

Et la conversation commence.

J’avais par exemple acheté il y a quelques années un livre consacré aux violences sexuelles faites aux enfants pour pouvoir aborder ce sujet avec mon fils. Pas pour lui faire peur, mais justement pour lui donner des repères, des mots et la possibilité de savoir qu’il peut parler.
Écrit avec la collaboration de Mélanie Dupont, psychologue et présidente de l’association Centre de victimologie pour mineurs, ce livre s’adresse directement aux enfants. Un véritable support de prévention, il permet aussi d’ouvrir le dialogue et d’aborder plus facilement un sujet délicat en famille. Il peut être proposé aux enfants à partir de 8 ans.

C’est aussi cela que j’attends des contenus destinés aux enfants : qu’ils les prennent au sérieux.

Pas en leur parlant comme à des adultes.

Mais en leur parlant comme à des enfants capables de comprendre, de questionner et de réfléchir, avec des mots adaptés à leur âge.

Donner une place à la parole des enfants

C’est finalement ce qui me touche particulièrement dans la philosophie portée par Bayard Jeunesse pour ses 60 ans : cette idée que l’enfant est une personne aujourd’hui, et pas seulement un futur adulte.

Cela peut sembler évident.

Et pourtant, dans notre société, la parole des enfants reste parfois bien petite face à celle des adultes.

Ils sont souvent ceux à qui l’on demande de se taire, d’attendre, d’obéir, de faire comme il faut.

Alors qu’ils ont énormément de choses à nous dire.

Dans ses magazines, à travers les courriers des lecteurs, les témoignages, les questions et les sujets construits à partir de leur vécu, Bayard Jeunesse cherche justement à leur offrir cet espace.

Et je trouve cette démarche importante.

Parce qu’écouter un enfant ne signifie pas lui donner tous les pouvoirs.

Nous restons les adultes. Nous sommes là pour poser des limites, sécuriser, accompagner, protéger.

Mais écouter, c’est reconnaître qu’il existe.

Que ce qu’il ressent compte.

Que ses questions sont légitimes.

Qu’il peut avoir un avis.

Qu’il a le droit de dire qu’il n’est pas d’accord.

Qu’il a le droit de demander de l’aide.

Et surtout qu’il peut prendre progressivement sa place dans le monde.

Livres, magazines & supports numériques :
Donner des clés pour demain

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C’est aussi pour cela que je continue à défendre la place du papier dans nos maisons, à l’heure où tout semble pouvoir être numérique.

Chez nous, il y a des livres partout. Des magazines, des BD, des encyclopédies, des romans, des albums.

Et cela ne m’empêche absolument pas d’utiliser d’autres supports.

J’ai par exemple acheté une enceinte Merlin à ma fille. Elle aime écouter des histoires, et même mon adolescent s’est laissé embarquer par certaines d’entre elles.

Les podcasts et les histoires audio ont également quelque chose de précieux : ils permettent de développer le vocabulaire et l’imagination autrement. Ils accompagnent un trajet en voiture, un moment calme, une période de fatigue où l’enfant n’a pas envie de dormir mais a besoin de récupérer.

Les supports peuvent changer, mais l’essentiel reste le contenu et ce qu’il apporte à l’enfant.

À mes yeux, notre rôle de parents — et plus largement d’adultes, de parents et de grands-parents — est de leur donner des clés.

Pas de penser à leur place.

Pas de leur prémâcher toutes les réponses.

Mais de leur apprendre à chercher, questionner, comprendre, analyser, faire des liens et développer leur esprit critique.

Dans un monde où l’intelligence artificielle peut désormais répondre instantanément à presque toutes les questions, je trouve même cette mission encore plus importante.

Il ne faudrait pas que nos enfants deviennent simplement des consommateurs de réponses.

Ils doivent continuer à apprendre à se poser des questions.

À réfléchir.

À douter.

À confronter les informations.

À se faire leur propre opinion.

À comprendre que tout ce qui apparaît sur un écran n’est pas nécessairement vrai.

Les livres peuvent être l’une des portes d’entrée vers cette autonomie intellectuelle.

Préparer les adultes de demain sans oublier les enfants d’aujourd’hui

Nous parlons beaucoup des « adultes de demain ».

Et c’est vrai : ce sont eux qui vivront dans le monde que nous construisons aujourd’hui.

Nous avons donc une responsabilité.

Nous devons leur transmettre une culture, une capacité à réfléchir, à comprendre le monde, à respecter les autres, à défendre leurs droits, à prendre soin de la nature et du vivant, à faire preuve de solidarité et d’humanité.

Nous devons aussi leur apprendre à reconnaître les comportements qui ne sont pas acceptables, à savoir poser leurs limites et à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin.

Mais je crois qu’il faut réussir un drôle d’équilibre.

Les préparer au monde de demain sans leur voler leur enfance.

Leur donner des outils sans leur mettre une pression supplémentaire.

Les informer sans les inquiéter en permanence.

Les responsabiliser sans les charger de responsabilités qui ne sont pas les leurs.

Les écouter sans oublier que nous sommes là pour les protéger.

Parce qu’un enfant n’a pas besoin de devenir adulte le plus vite possible.

Il a besoin de pouvoir être enfant suffisamment longtemps pour construire l’adulte qu’il deviendra.

Finalement, tout cela est un peu un art d’équilibriste et je ne dis pas que c’est facile…

Alors, pour les 60 ans de Bayard Jeunesse, j’aurais finalement envie de formuler un souhait très simple :

Continuons à donner aux enfants des livres, des histoires, des connaissances et une voix, mais laissons-leur aussi le temps de rêver, de s’ennuyer, de jouer et de contempler.

Parce que défendre l’enfant, ce n’est pas seulement préparer l’adulte qu’il deviendra.

C’est aussi protéger l’enfant qu’il est aujourd’hui.

Ecrit par

Johanna

Je suis Johanna, créatrice de Mon Petit Nuage depuis 2012.

Bienvenue sur Mon petit nuage, un magazine lifestyle digital indépendant, animé par une épicurienne, les pieds sur terre, la tête dans les nuages.

Passionnée de déco & brocante, de jardinage, de gastronomie et de voyages, je partage mes coups de cœur, mes découvertes, mes carnets de voyage et mes conseils pour embellir et simplifier la vie quotidienne. J'aime les choses belles et authentiques, mais surtout celles qui restent simples, naturelles et accessibles, sans chercher la perfection.

Maman de deux enfants de 6 et 12 ans, j'écris aussi sur ce qui traverse la vie de famille : charge mentale, maternité, parentalité, organisation et vie quotidienne, sur le bien-être, les neuroatypies, le développement personnel, la spiritualité et la santé. Des sujets que j'aborde à travers mes réflexions, mes conseils, mes expériences et avec l'envie de partager sans langue de bois, avec sincérité et simplicité.

À paraître prochainement : un dossier consacré à l'endométriose et à l'adénomyose, moi-même Endo Warrior, je ne sais que trop bien le handicap que ces maladies peuvent représenter au quotidien, bien au-delà des douleurs invalidantes... En savoir plus

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